Les animaux qui existent peut-être

Dans ce livre sur les animaux, il y a… des animaux. Tous ont été observés, détaillés, dessinés et classifiés par le grand professeur O’Logh, scientifique méconnu. Reste qu’aucun autre biologiste n’a eu le loisir de croiser ces petites et grosses bêtes. Est-ce à dire qu’ils n’existent pas ? Personne ne peut le prouver… C’est donc ce postulat propre à la rigolade, qui donne le point de départ de cet ouvrage plein de surprises. Un bestiaire drôlissime avec des animaux qui chantent faux, qui ne volent plus ou font des trucs dégoûtants. Les créatures qui y figurent sont si incroyables que le professeur les a rangées selon un système de classification scientifique plutôt révolutionnaire : les animaux doux au toucher, les animaux pas sympas, les animaux qui bavent ou encore les animaux louches… Evidemment, la société royale de zoologie n’a rien validé des recherches du professeur anglais, mais peut-être que les jeunes lecteurs sauront réhabiliter son travail ?

Bref, voilà un album jeunesse plein de fantaisie où tous les loisirs imaginaires sont permis : pourquoi pas rêver de rencontrer le gloubicéphale, sorte de cachalot sur pattes, qui cherche sa nourriture au plus profond des abysses et parfois, ou plus simplement, au camion de hot-dogs ? Ici, tout est permis, surtout la loufoquerie !

Les animaux qui existent peut-être, Jean-Baptiste Drouot et Stéphane Nicolet, ed. Little Urban, 15,50€, à partir de 7 ans.

Le berger et l’assassin

Voilà un album qui ne laisse pas de glace ! L’histoire est noire sur fond de dictature. On ne la voit jamais mais on nous parle des « fascistes d’en bas » et des « chemises grises », qu’on a clairement pas envie de rencontrer. On y croise un duo impossible composé par un berger solitaire dont la tranquillité a été perturbée par l’arrivée de celui qu’on dit « assassin », qui est blessé et en fuite. Le tout, sur fond de montagne aride, dure, froide… mais si belle. D’ailleurs, on ne voit qu’elle. Ciselée, découpée, colorée selon les heures de la journée. A la fois séduisante et effrayante. Immense et désertique à hauteur de cimes, on la voit se transformer sous les rayons du soleil couchant. Pour fuir la noirceur du bas, il va falloir passer de l’autre côté en escaladant le ciel. Pour cela, il faudra forcément se faire confiance. Pas simple dans un tel climat de méfiance. Dans ce livre, la montagne prend toute la place. Tout juste aperçoit-on à la fin une cordée entre deux hommes au péril de leur vie. L’histoire est servie par un texte puissant et des images époustouflantes. Le dessinateur, Régis Lejonc, raconte qu’il n’avait jusqu’alors jamais dessiné la montagne alors qu’elle est ses racines. Il lui fait ici un clin d’oeil en dessinant la bergerie de La Tournette dominant le lac d’Annecy et la vallée de son enfance.

« Qui que tu sois, la montagne est plus dangereuse que toi », dit le berger à l’assassin. Voilà de quoi méditer…

Le berger et l'assassin, Henri Meunier et Régis Lejonc, éd Little Urban, 19,90€, à partir de 9 ans et adolescents.

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