Papa, regarde mon tableau !

Ce livre est un petit bijou avec bien plus de choses à observer qu’à lire… Mais vraiment, que c’est beau ! On assiste ici à une tranche de vie entre un père et son fils, dans le superbe décor de Giverny, temple de l’oeuvre de Claude Monet.

Le petit garçon a peint toute la journée dans le jardin et se régale d’avance d’aller montrer son travail à son père, Claude Monet. Les yeux de l’amour rendent ce tableau extraordinaire, le papa s’apprêtant à l’accrocher avec les siens, sur les murs de la maison. Mais l’auteure aura préféré les yeux de l’humour, en permettant à cet enfant de mettre son tableau à une place bien plus particulière, pour être toujours vu par son papa. Dans la chambre des adultes !

On aime la beauté des illustrations, l’oeuvre de Monet qui peuple les pages du livre, les pages découpées qui racontent une histoire en nous emmenant derrière une porte, une fenêtre et même au-delà des lavandes, dans le jardin. C’est terriblement poétique. On se sent invité dans la demeure et l’atelier de Claude Monet. On ouvre grand les yeux pour admirer. Les mots n’ont finalement plus beaucoup d’importance.

Papa, regarde mon tableau! Anaïs Brunet, éd. Saltimbanque, à partir de 6 ans, 17,50€

Pierre et Bob chiens détectives. L’enquête de l’oeuf perdu

Pâques approche à grand pas. Parmi les nouveautés de la saison, je me suis arrêtée sur Pierre et Bob, chiens détectives et leur enquête de l’oeuf perdu. Dans cette histoire, les deux compères viennent de déterrer un oeuf plutôt mystérieux. A qui peut-il bien appartenir ? C’est le bon moment pour enquêter sur les traces de la maman (ou du papa) de ce curieux oeuf. On commence par une évidence : la poule ! Oui mais voilà, elle ne le reconnaît pas et tous ses oeufs sont bien dans le poulailler. On passe ensuite chez les reptiles (parce qu’il n’y a pas que les volatiles qui pondent des oeufs), chez la tortue, l’ornithorynque ou encore le crocodile.

Ce qu’on aime dans ce livre, c’est la lecture amusante avec l’enquête qui nous tient en haleine pour savoir qui a bien pu pondre cet oeuf. Mais en bonus, on apprend que des animaux très différents peuvent avoir leurs bébés de cette manière. On découvre que les oeufs de l’émeu sont verts, que le python les garde bien au chaud en s’enroulant autour, ou encore que certains requins en pondent, mais dans un format bien différent de celui trouvé par Pierre et Bob.

Finalement, voilà l’oeuf qui se met à bouger… et qui en sort ? Un dinosaure ! Reste à lui trouver une maman qui saura s’en occuper…

Pierre et Bob chiens détectives. L'enquête de l'oeuf perdu, Katerina Gorelik, éd. Saltimbanque, 12,90€.

Mina

Voilà une bien jolie histoire de chat et de souris racontée par Matthew Forsythe. Mina vit dans son petit monde avec son papa, bien tranquillement. Jusqu’à ce que celui-ci ne ramène… un écureuil ? C’est ce qu’il semble croire mais l’animal a tout l’air… d’un matou. On s’amuse à voir la naïveté et l’enthousiasme du papa, on s’inquiète avec Mina de la présence de cette boule de poils sous leur toit. Jusqu’à ce que les chats soient plus nombreux et que la chasse à la souris ne démarre… Pas de soucis, tout fini bien.

On aime les couleurs chaudes des dessins plein de douceur en cette saison hivernale, et le mini-supens qui fait sourire tout le monde à la fin. Trop mimi.

De cet auteur, nous avions déjà beaucoup aimé La feuille d’or, dont l’intrigue se déroule à l’automne, dans une forêt luxuriante.

Mina, Matthew Forsythe, éd. Little Urban, 14,50€, à partir de 4 ans.

Le monde extraordinaire de William Shakespeare

En cette période de Saint-Valentin, parlons Roméo et Juliette et évoquons plus sérieusement William Shakespeare.

Je vous avais déjà parlé du roi Dagobert et de son épisode intitulé Roméo et Juliette.

Cette fois, l’ouvrage s’adresse aux enfants plus grands, à partir de 9 ans. Car de Roméo et Juliette à Hamlet, en passant par Le Songe d’une nuit d’été, William Shakespeare aura marqué l’histoire du théâtre et marqué de son empreinte, la comédie et la tragédie.

Ce documentaire en grand format, a l’énorme avantage d’être superbement illustré ce qui facilite beaucoup l’entrée dans la lecture.

Il compte 15 chapitres pour mieux découvrir l’homme, son oeuvre et ses influences jusqu’à aujourd’hui. On nous raconte son enfance à la campagne, l’époque historique dans laquelle il grandit, la place du théâtre dans sa vie, sa carrière de comédien puis d’écrivain, son talent pour les comédies et tragédies. J’aime assez l’idée d’une approche globale du personnage pour tenter de toucher au mieux ce qu’il a pu être et voulu faire.

C’est un livre qu’on peut picorer, pas besoin de tout lire d’une traite (d’autant qu’il y a du contenu). On peut aussi l’ouvrir à des âges différents pour mieux comprendre comment Shakespeare a participé à révolutionner le monde par le pouvoir de ses écrits.

Le monde extraordinaire de William Shakespeare, Emma Roberts et Sarah Tanat Jones, éd. Little urban, 25€, à partir de 9 ans

Animo Museum

Une visite au museum d’histoire naturelle sans bouger du canapé. C’est un peu l’idée de l’Animo museum, musée unique au monde où l’on croise des défenses d’un mètre de long, des carapaces de toutes les couleurs, des oeufs d’un bleu étonnant… 88 espèces sont cachées dans ce livre avec volets, qu’on peut soulever pour trouver qui se trouve derrière un squelette spécifique, quel animal va sortir de tel oeuf, à qui appartiennent certaines dents qu’on nous expose sans visage, qui possèdent les cornes qu’on nous met sous le nez, ou les yeux qu’on nous offre en gros plan. On peut aussi tenter de retrouver un animal à partir de ses crottes ou de ses empreintes… On se croirait dans un jeu de piste à la découverte de l’incroyable diversité du règne animal. Le livre est d’approche ludique avec ces petits volets à soulever sur toutes les pages. Il est très coloré et réalisé dans un graphisme accessible aux plus jeunes. De fait, il se lit en jouant, et permet de passer un agréable moment à partager en famille. Il est aussi une bonne base d’approche ou de confirmation des connaissances des enfants sur le milieu animal.

Animo Museum, Nadja Behadj et Julia Spers, éd. Saltimbanque, 19€, dès 6 ans en famille ou dès 8 ans en solo.

Le livre extraordinaire des dragons

INCONTOURNABLE ! La série le livre extraordinaire s’intéresse aux dragons pour le grand plaisir de mon LittleBoy qui adore les légendes autour de animaux imaginaires. Comment peut-on venir à bout de l’hydre de Lerne ou de la cocatrix ? Le monstre du loch Ness a-t-il vraiment existé ? Que se passerait-il si Jormungandr sortait de l’océan? Toutes les réponses sont dans ce livre grand format qui décline sa formule magique : des dessins qui sont d’une finesse et d’une précision incroyable, sept à huit informations par créature permettent de découvrir ses pouvoirs et des anecdotes surprenantes sur le comportement des dragons. Fascinant...
Le livre extraordinaire des dragons, illustrations Gonzalez Kenny, Ed Littleurban, 23€, dès six ans.

Tombée du ciel

Tombée du ciel dans un monde en minuscule, la bille de verre va tout bousculer...
A la maison, on adore les Fan Brothers et pour tout dire, nous sommes ravis de découvrir ce nouvel album. Évidemment, la bille perdue dans le jardin, ça rappelle des souvenirs à LittleBoy. Alors quand il voit que l’arrivée de cette boule de couleurs dans un monde d’insectes en noir et blanc, perturbe le microcosme local, ça l’interpelle. La coccinelle, le phasme, la grenouille... tous s’accordent à dire qu’il n’ont jamais rien vu d’aussi époustouflant. L’araignée, plus maligne que les autres, décide que cette merveille lui appartient et monte tout un spectacle autour d’elle... jusqu’à ce que la catastrophe pointe le bout de son nez : une main d’enfant descend du ciel, pour récupérer le précieux objet...
On aime la poésie des Fan brothers, le noir et blanc qui laisse les objets du quotidien prendre de la valeur en couleur, le héros de l’histoire qui n’est autre que la bille, et qui occupe souvent nos petits dans les cours de récré.
De quelque chose d’anodin, une bille qui tombe dans l’herbe... les auteurs font là une histoire des plus réjouissantes !
Tombée du ciel, Fan brothers, Ed Little urban, dès 5 ans, 13,50€.

Les animaux qui existent peut-être

Dans ce livre sur les animaux, il y a… des animaux. Tous ont été observés, détaillés, dessinés et classifiés par le grand professeur O’Logh, scientifique méconnu. Reste qu’aucun autre biologiste n’a eu le loisir de croiser ces petites et grosses bêtes. Est-ce à dire qu’ils n’existent pas ? Personne ne peut le prouver… C’est donc ce postulat propre à la rigolade, qui donne le point de départ de cet ouvrage plein de surprises. Un bestiaire drôlissime avec des animaux qui chantent faux, qui ne volent plus ou font des trucs dégoûtants. Les créatures qui y figurent sont si incroyables que le professeur les a rangées selon un système de classification scientifique plutôt révolutionnaire : les animaux doux au toucher, les animaux pas sympas, les animaux qui bavent ou encore les animaux louches… Evidemment, la société royale de zoologie n’a rien validé des recherches du professeur anglais, mais peut-être que les jeunes lecteurs sauront réhabiliter son travail ?

Bref, voilà un album jeunesse plein de fantaisie où tous les loisirs imaginaires sont permis : pourquoi pas rêver de rencontrer le gloubicéphale, sorte de cachalot sur pattes, qui cherche sa nourriture au plus profond des abysses et parfois, ou plus simplement, au camion de hot-dogs ? Ici, tout est permis, surtout la loufoquerie !

Les animaux qui existent peut-être, Jean-Baptiste Drouot et Stéphane Nicolet, ed. Little Urban, 15,50€, à partir de 7 ans.

Le berger et l’assassin

Voilà un album qui ne laisse pas de glace ! L’histoire est noire sur fond de dictature. On ne la voit jamais mais on nous parle des « fascistes d’en bas » et des « chemises grises », qu’on a clairement pas envie de rencontrer. On y croise un duo impossible composé par un berger solitaire dont la tranquillité a été perturbée par l’arrivée de celui qu’on dit « assassin », qui est blessé et en fuite. Le tout, sur fond de montagne aride, dure, froide… mais si belle. D’ailleurs, on ne voit qu’elle. Ciselée, découpée, colorée selon les heures de la journée. A la fois séduisante et effrayante. Immense et désertique à hauteur de cimes, on la voit se transformer sous les rayons du soleil couchant. Pour fuir la noirceur du bas, il va falloir passer de l’autre côté en escaladant le ciel. Pour cela, il faudra forcément se faire confiance. Pas simple dans un tel climat de méfiance. Dans ce livre, la montagne prend toute la place. Tout juste aperçoit-on à la fin une cordée entre deux hommes au péril de leur vie. L’histoire est servie par un texte puissant et des images époustouflantes. Le dessinateur, Régis Lejonc, raconte qu’il n’avait jusqu’alors jamais dessiné la montagne alors qu’elle est ses racines. Il lui fait ici un clin d’oeil en dessinant la bergerie de La Tournette dominant le lac d’Annecy et la vallée de son enfance.

« Qui que tu sois, la montagne est plus dangereuse que toi », dit le berger à l’assassin. Voilà de quoi méditer…

Le berger et l'assassin, Henri Meunier et Régis Lejonc, éd Little Urban, 19,90€, à partir de 9 ans et adolescents.

Curionautes des sciences

Depuis septembre nous sommes abonnés à Curionautes, un magazine scientifique pour les enfants de 8 à 12 ans. On aime le dossier bien développé sur un sujet qui préoccupe nos petits comme d’où vient l’électricité, c’est quoi un virus, les volcans… jusqu’alors les sujets ont fait mouche. Et la curiosité de mon LittleBoy a fonctionné à plein.
Sur les virus (sujet d’actualité !), le récit documentaire d’une douzaine de pages est bien expliqué par un expert (c’est le cas pour chaque dossier) dans un langage vulgarisé mais pas bêtifiant. Et les personnages récurrents des histoires aident encore à simplifier la compréhension de phénomènes scientifiques. Le récit est éclairé de schémas, reconstitution 3D, photos microscopiques…
Pour s’assurer que l’enfant a bien compris, une BD de deux pages fait un résumé du dossier et un poster carte mentale restitue toutes les infos. Franchement au top.
La seconde partie du magazine parle des sciences en général, avec quiz, jeux (labyrinthes, devinettes, différences, points à relier…) brèves d’actu ou encore la vie et l’œuvre d’un scientifique racontée en courte BD (Charles Darwin, Isaac Newton…).
Enfin, pour ceux qui veulent pratiquer, un petit livret d’expériences est proposé à la fin.
Comme pour tout magazine qui a une cible large (8-12ans), il y a parfois des thèmes plus compliqués pour les minus mais j’ai pu observé que l’intérêt de mon garçon restait vif ! Bilan : nous recommandons !
Curionautes des sciences, 8-12 ans, Milan, 5€.
Le récit-documentaire.
La carte mentale.

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